Le Pouvoir performatif du poème. Albiach, Chédid, Pey, Prigent, Rouzeau, Venaille

Colloquatelier de sociocritique appliquée
Vendredi 10 janvier 2020


Université du Québec à Montréal (UQAM)
Pavillon Président-Kennedy (201 Avenue du Président-Kennedy)
(métro Place-des-Arts)
Salle PK-1140

  
  

 

Programme

9h15 : accueil des participants

Première séance : Valérie Rouzeau, Serge Pey
9h30 : Nathalie Watteyne (Rouzeau), Lecture de « L’un et l’autre papillon éléphant »
9h55 : Viviane Marcotte (Pey), Lecture de « Monsieur/même la Révolution/n’aime pas les masques »
10h20 : discussion

10h50 : Pause

Deuxième séance : Andrée Chedid, Christian Prigent
11h00 : Sophie Ménard (Chedid), Lecture de « La mort du pou »
11h25 : Marc-Antoine Blais (Prigent), Lecture de « POEME N°1 »
11h50 : discussion

12h20 : Dîner

Troisième séance : Anne-Marie Albiach, Franck Venaille
14h00 : Félix Durand (Albiach), Lecture de « … Où la forêt est la plus sombre »
14h25 : Sandrine Astier-Perret (Venaille), Lecture de « Qu’il est dur le Chemin de la croix parisien… »
14h50 : discussion

15h20 : Pause

Quatrième séance : Valérie Rouzeau, Christian Prigent
15h30 : Olivier Parenteau (Rouzeau), Lecture de « L’ordre du jour d’avance rebute… »
15h55 : Pierre Popovic (Prigent), Lecture de « Danses pour Garrincha. 2. Samba »
16h20 : discussion

16h50 et sequentes : Brève synthèse & bières au bar

Problématique

Ce Colloquatelier a pour but de mettre en évidence ce que Laure Murat appelle, dans un texte où elle décrit le rôle joué par le roman Notre-Dame de Paris (1842) de Victor Hugo sur la préservation de la Cathédrale Notre-Dame, le « pouvoir performatif de la littérature[1] », c’est-à-dire sa capacité à agir sur l’état et le devenir de la société qui l’environne avec les moyens qui sont les siens. En l’occurrence, le corpus choisi pour faire valoir cette action du texte littéraire relèvera d’un genre dont une longue tradition de paresse et de suffisance a préjugé et préjuge encore qu’il n’est qu’une collection de colifichets décoratifs : la poésie. Chaque lecture présentée lors de ce Colloquatelier porte sur un poème précis choisi dans l’œuvre d’un des six poètes suivants : Anne-Marie Albiach, Andrée Chedid, Serge Pey, Christian Prigent, Valérie Rouzeau et Frank Venaille. Chacune de ces œuvres d’envergure a développé une esthétique poétique singulière tant et si bien que leur ensemble peut être tenu pour largement représentatif de ce qui s’est fait en poésie en France sur les quatre-vingt dernières années, grosso modo de la Seconde Guerre mondiale à nos jours.

La sociocritique, rappelons-le, est avant tout une pratique de lecture. Il convient donc de partir d’une analyse interne du poème choisi, destinée à dégager le procès de sens produit par la « mise en texte » (Duchet) et d’élucider sur cette base la façon dont le texte travaille (sc. modifie ou critique ou ironise ou déconstruit, etc.) les matériaux de l’imaginaire social circonstanciel qu’il mobilise. Tout(e) sociocriticien(ne) le sait : c’est toujours par l’établissement d’une distance sémiotique complexe qu’une telle relation dynamique entre texte et imaginaire social s’établit, et non par le partage superficiel d’un thème ou d’une vague idée. Afin de faciliter les réflexions d’après-coup et les prolongements éventuels, une brève « Note de synthèse » sur le devenir de l’imaginaire social hexagonal entre 1940 et 2020 est disponible sur le site du CRIST, de même que le sont (depuis la fin du mois de novembre 2019) les poèmes qui auront été étudiés durant le Colloquatelier.

[1] Laure Murat, « Notre-Dame de Paris, après la bataille », dans Libération, 4 juillet 2019, p. 25.

Mode de fonctionnement du colloquatelier

La rencontre tient d’un colloque, puisque des gens s’entretiennent les uns avec autres, et d’un atelier, parce que toute lecture de poème faite dans l’esprit qui vient d’être décrit tient d’une manière d’artisanat. Il importe de souligner que l’on n’attend pas nécessairement une lecture définitive, serrée au quart de tour des poèmes ; tout work in progress, toute hypothèse interprétative en voie de constitution, tout commentaire intelligemment prospectif seront bienvenus.

Chaque intervenant dispose de 25 minutes pour présenter sa lecture sociocritique d’un poème d’Albiach, de Chedid, de Pey, de Prigent, de Rouzeau ou de Venaille. Pour donner le plus de place possible aux interactions et pour éviter toute perte de temps, on a exclu tout support technologique  (power point, etc.) dans la présentation des lectures (à l’exception d’un micro mis en place par les organisateurs, car les interventions sont enregistrées afin d’être mises ensuite sur le site du CRIST).

Bibliographie et attribution des lectures

Anne-Marie Albiach, « … Où la forêt est la plus sombre », Mezza Voce. Poésie, Paris, Flammarion, 1984, 158 p., p. 43-46.
Lecture par Félix Durand

Andrée Chedid, « La mort du pou », Fêtes et lubies : petits poèmes pour les sans-âge, Paris, Flammarion, 1973 (réimpr. 1996 [coll. G.F.]), 89 p.
Lecture par Sophie Ménard

Serge Pey, « Monsieur/même la Révolution/n’aime pas les masques », Le Carnaval des poètes, Paris, Flammarion, 2019, 468 p., p. 22-25.
Lecture par Viviane Marcotte

Christian Prigent, « POEME N° 1 », Power/powDer, Paris, Christian Bourgois, 1977, p. 23-26.
Lecture par Marc-Antoine Blais

Christian Prigent, « Danses pour Garrincha. 2. Samba », Chino aime le sport, Paris, P.O.L., 2017, 175 p., p. 39-41.
Lecture par Pierre Popovic

Valérie Rouzeau, « L’ordre du jour d’avance rebute… », Vrouz, Paris, La Table Ronde, 2012, 170 p., p. 92.
Lecture par Olivier Parenteau

Valérie Rouzeau, « L’un et l’autre papillon éléphant… », Sens averse (répétitions), Paris, La Table Ronde, 129 p., p. 74.
Lecture par Nathalie Watteyne

Franck Venaille, « Qu’il est dur le Chemin de la croix parisien… », Hourra les morts !, Paris, Obsidiane, 2004, 169 p., p. 131-132.
Lecture par Sandrine Astier-Perret

Comité organisateur

Sandrine Astier-Perret : sandrine.astier-perret@umontreal.ca ; Olivier Parenteau : olivierparenteau@yahoo.ca ; Pierre Popovic : pierre.popovic@sympatico.ca ; Viviane Marcotte : viviane.marcotte@umontreal.ca.

Organisé par le Centre de Recherche Interuniversitaire en Sociocritique des Textes (CRIST) en collaboration avec le Centre Figura : Figura-UQAM et Figura-UdM et avec le soutien du Conseil de Recherches en Sciences Humaines du Canada (CRSH)

Cette rencontre est organisée dans le cadre du projet de recherche « Les altérités du poème » et bénéficie du soutien du Conseil de Recherche en Sciences Humaines du Canada (CRSH)